En France, la dépendance aux médicaments psychotropes constitue un enjeu majeur de santé publique. Les benzodiazépines prescrites pour traiter l’anxiété, l’insomnie ou certaines pathologies neurologiques, figurent parmi les médicaments les plus consommés d’Europe. Si elles sont d’une efficacité reconnue lorsqu’elles sont utilisées sur une courte durée et sous surveillance médicale, leur utilisation prolongée peut conduire à une dépendance physique et psychologique parfois sévère, ainsi qu’à des difficultés de sevrage importantes.
Chaque année, plusieurs millions de Français reçoivent une prescription de benzodiazépines. Pourtant, derrière ces traitements se cachent souvent des parcours de vie marqués par la souffrance psychique, l’isolement, la précarité (en première ligne), la perte de confiance en soi et le manque d’accompagnement. A cela s’ajoute un constat particulièrement inquiétant : en France, près de 900 000 personnes consommeraient quotidiennement des stupéfiants en 2025, un chiffre qui rappelle l’ampleur des prises en charges à venir et l’urgence d’une réponse adaptée. Les benzodiazépines sont également retrouvées dans un nombre important d’intoxications médicamenteuses graves et de décès lorsqu’elles sont associées à d’autres substances dépresseuses du système nerveux central, notamment les opioïdes et l’alcool.

Derrière ces chiffres se trouvent des femmes et des hommes qui souhaitent retrouver leur autonomie mais qui se heurtent encore trop souvent à l’incompréhension, à la stigmatisation et au manque de structures d’entraide spécialisées.
C’est de ce constat qu’est née l’association à but non-lucratif LUDO, créée par des pharmacodépendants, pour des pharmacodépendants, venant de France et de tous horizons. Son ambition est de compléter l’accompagnement médical en proposant un espace de solidarité, d’information, de prévention et d’entraide. L’association souhaite favoriser le partage d’expériences, accompagner les personnes confrontées à la dépendance ou au sevrage des médicaments psychotropes, lutter contre la stigmatisation et promouvoir une approche fondée sur la réduction des risques, la bienveillance et le respect de chacun.
Parce que derrière chaque prescription peut se cacher une dépendance silencieuse, et derrière chaque statistiques, une vie, une famille, un emploi, un parcours. LUDO place l’humain au cœur de son engagement avec une conviction simple : personne ne devrait affronter seul la pharmacodépendance.